07
avril 2014

L'homme qui refusait de murmurer à l'oreille des pesticides

Rédigé par zonz   Aucun commentaire   Mis à jour le  12/06/2016

Viny, avait eu un terrible accident, lors d'une soirée de picole entre amis, sa dernière bouteille de vin torchée cul sec, elle s'était écroulée sur la moquette toussafond, défoncée comme un terrain de maïs transgénique, tous qui bouge. Transportée d'urgence, entre deux eaux, à l'hôpital, elle fût sauvée, mais amputée du goût. Les médecins avaient été formels, c'était la faute les pesticides, elle avait bu de la daube !

Rentrée chez elle, secouée par ce terrible événement, elle refusait de boire, de sortir, de faire la teuf avec ses amis. Le plus terrible fût quand elle apprit la mort subite de sa meilleure amie, victime le même soir d'un coma éthylique, dont elle ne s'était pas réveillée.

La mère de la pauvre Viny, membre active des alcooliques trop connus, s'en retrouva fort dépitée quand l'été festif fût revenu. "Quelle honte envers la mémoire de son père, Gégé, mort d'une cirrhose du foie trois ans auparavant." il fallait réagir, trouver une solution ! Boire ou fuir !

Une affaire défrayait la chronique, un viticulteur avait été condamné par la justice, pour avoir refusé de parler à l'oreille des pesticides. C'était la personne qui lui fallait !

Le lendemain matin, ayant convaincu sa fille qu'il fallait réagir, elles décidèrent de se rendre chez l'homme de la télé condamné à payer pour avoir refusé de traiter ses vignes avec du poison. La pochtronne, aidée par son alcoolo repentante chargea la twingo maternelle, le long voyage qui devait les mener en côte d'or pouvait commencer.

Quel voyage, parsemé d'arrêt dans les bars de France et de pinard, que de souffrances d'une mère grande prêtresse de l' Œnophore, voyant sa fille unique commander à la bolée des diabolos citron, quelle douleur !

Elles arrivèrent enfin chez le viticulteur, un long sentier menait à sa maison, grande bâtisse couleur lie de vin, enlacée par un jardin aux senteurs nez de vin.


Après avoir garé la twingo, elle se dirigèrent vers la porte d'entrée et tambourinèrent le rempart boisé. Il ne tarda guère à réagir, et s'ouvrit, laissant apparaitre une forme qui se tenait debout, là, devant elles !

Viny, lança "Seriez vous le monsieur de l'affaire des pesticides ?" "L'interlocuteur, toujours en position verticale lui répondit "Non, Il est au chai, décalecatan, décalecatan, au chai, au chai" "Mais pourquoi voulez vous donc le rencontrer ?" Réponse lui fût donnée ! "Je vois, suivez moi, je vais vous y conduire".

Cet endroit est sublime, grande maison avec balcon, pleine d'abeilles sur les pots de confitures, y-a des oiseaux, c'est la nature ! Charmant !

Elles arrivent au fond du jardin, et là, à coté d'une cabane, le chai, beau ! Il doit faire bon, y beau chai !

Elles entrent, il est là, sûr c'est lui, dans ses mains une des bouteilles de son vin, le visage près du goulot, il murmure à hauteur du bouchon, elles tendent l'oreille, intriguées . "Je ne vous mettrai pas ces pourritures de pesticides, n'ayez pas peur"

Elles sont subjuquées, quel moment intense ! Après un court moment, il se retourne vers elles, décochant un, "C'est pour quoi ?" Réponse lui fût aussitôt donnée, le laissant septique. Sachant que la mère de Viny finit son discours par ses quelques mots "J'ai traversé le pays pour vous amener ma fille, amputée du goût, et cette bouteille de vin, la même qui a causé le drame, vous seul pouvez la sauver !"

Il prit le picrate en main, prenant le temps de regarder l'étiquette, et s'écria dans un pur style Jean-pierre Coffe "C'est d'la merde !" En jetant violemment la bouteille qui explosa dans la poubelle !


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